homme pratiquant le jardinage

L’astuce des moutons ce mois-ci va nous amener sur la piste du compost. Pratique séculaire, entretenir un compost est bénéfique pour deux raisons majeures ; d’abord, et c’est une évidence, il permet de réduire la quantité d’ordures ménagères que vous produirez puisque vous y placerez nombre de vos déchets organiques, mais aussi parce qu’il vous donnera une matière fertilisante pour votre jardin ou vos fleurs.

Cependant, le compost s’élève, se nourrit, se bichonne pour obtenir une matière exploitable. Battons en brèche d’entrée l’idée que le compost est rapide à se former, ce n’est pas le cas. Suivant le degré de décomposition qui est attendu, on parle de maturité, il faudra une année, deux ans voire trois ans pour obtenir l’amendement espéré et cela suivant plusieurs facteurs.

Tout d’abord sur l’emplacement.
Choisissez un endroit plutôt éloigné des zones de vie, au fond du jardin, un endroit qui bénéficiera de quelques rayons de soleil durant la journée, sans qu’il ne cuise au soleil, gardons cela pour le four solaire. Pensez que vous aurez besoin d’un contact avec le sol, donc un endroit où il y a de la terre est bien mieux qu’un sol caillouteux ou une dalle béton. Essayez de ne pas le mettre trop loin non plus de votre accès pour ne pas être démoralisé d’y aller régulièrement.

Sa mise en place.
Commencez par creuser un trou de vingt à trente centimètres de profondeur de la taille du bac que vous aurez choisi. Il en existe dans différentes matières, vendus dans presque toutes les grandes surfaces et les magasins spécialisés en jardinage. Le coût d’un bac à compost est variable et va en général de 50 à 200 euros chez Truffaut Wittenheim par exemple. Qu’il soit en bois, en plastique ou en métal, tout est bon, nous n’avons pas de préconisation particulière pour un modèle, celui que vous pouvez voir à la ferme a été confectionné par nos bénévoles en bois.
Ce trou a pour objectif de permettre à la flore bactérienne présente dans les premiers centimètres du sol et à la faune (ver de terre) de pénétrer dans le compost. C’est un booster de décomposition.
Une fois le trou creusé, déposez le bac à compost dans le trou en veillant, si votre modèle en dispose, à ce que la trappe en partie basse reste accessible et mobile.

Nourrir son compost.
Contrairement aux idées reçues, on ne met pas tout et n’importe quoi dans son compost. Le plus pratique est de réserver dans sa cuisine, un récipient pour recevoir vos déchets et de les déposer dans le compost quand il est plein, au risque d’avoir à faire des aller-retours et de vous lasser. Dans votre récipient, placez vos épluchures de légumes, de fruits et vos restes alimentaires.
Attention toutefois, n’y placez pas de restes de viande, un compost oui, un nid à mouches, non. N’y jetez pas non plus vos peaux de bananes, elles ne se décomposent pas correctement (on vous dira quoi en faire dans un prochain article). Évitez également les agrumes, tout ce qui est épluchures d’orange, de citron, mandarine ou autres, leur dégradation acidifie trop le compost et tue les bactéries qui servent à la décomposition des matières, c’est donc contre-productif et il y a tellement à faire avec !
Vous pouvez utiliser des sacs biodégradables, en vérifiant leur composition. Ne choisissez que des sacs à base d’amidons de maïs car leur décomposition est complète et rapide.
Vous pouvez y jetez aussi vos essuie-tout en papier, si vous en utilisez encore, mais soyez vigilants. Pensez que tout ce qu’il est produit chimique, médicaments et autres, se retrouvera dans le compost, puis dans vos légumes, puis dans votre corps.

Entretenir son compost.
De manière régulière et en fonction de ce que vous y jetez, n’oubliez pas de mettre de la terre dans votre compost. Comme pour un baeckeoffe, les couches successives auront des interactions positives les unes avec les autres. La terre va s’enrichir au contact des produits en décomposition en absorbant les molécules qui seront libérées.
Tous les 3 mois, aérez votre compost. Retournez-le, mélangez-le avec une fourche, par exemple. Le but est d’apporter de l’oxygène dans le compost car le processus de dégradation est réalisé par des bactéries qui ont besoin d’oxygène pour vivre (on parle de bactéries aérobies).
Pensez à arroser votre compost régulièrement. Dans la nature, c’est la pluie qui assure cette fonction d’humidification. En période de sécheresse ou si votre bac dispose d’un couvercle, il vous faudra arroser votre compost pour donner à boire aux bactéries et garder une humidité au sein des matières en décomposition.

Faire grandir son compost.
Pour notre part, tous les ans, nous recommençons un nouveau compost. La deuxième année, nous mettons en place un second bac qui accueille les déchets de l’année en cours. Le compost du premier bac n’est donc plus amendé, mais on continue de l’aérer et de l’arroser.
En fin de seconde année, on dispose donc d’un compost jeune d’une année de décomposition (c’est celui de la première année) et d’un compost en cours de formation.
Et ainsi de suite au fil du temps. Suivant nos besoins (compost jeune pour les rosiers et géranium, ou à maturité pour les légumes et les arbres), nous conservons ou nous nous servons dans les différents bacs. Au maximum, donc, nous disposons de 4 bacs (3 années précédentes plus l’année en cours).

Points de vigilance.
Toute matière est définie par son pH (potentiel d’hydrogène, autrement dit, son acidité ou son alcalinité) et le compost ne déroge pas à cette règle. Nous en parlions avec les agrumes qui acidifient le compost, mais un compost trop acide sera mauvais. Vous avez la possibilité d’acheter à la pharmacie des bandes papier pH pour tester votre compost. L’idéal est qu’il soit compris entre 6 et 8 (le pH 7 est dit pH neutre). Trop acide ou trop alcalin, il va brûler vos plantes.

Alternative.
Pour ceux qui vivent en appartement et qui ne disposent pas encore d’un bac à compost commun, vous pouvez utiliser des lombri-composteurs. Il en existe même made in Alsace fabriqué complètement en local (terre cuite de Soufflenheim), tellement beau qu’il pourrait habiller votre salon, il est vendu sur le site activaterre.fr

Retrouvez nous à la ferme ou sur notre site : lenvoldesmoutons.fr

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